PostHeaderIcon À quoi devrait ressembler le PPUE ?

En expliquant pourquoi nous voulions un Parti Pirate Européen , nous avous oublié de mentionner les réserves de certains vis-à-vis d’une structure formelle pour le PPUE (Parti Pirate de l’Union Européenne). Le plus grand risque causé par un PPUE sans structure formelle est que le même travail soit réalisé en parallèle par des personnes différentes, chacun ignorant l’existence du travail des autres, gachant ainsi du temps et des ressources. Une solution serait la création d’équipes de travail (par exemple pour l’organisation des campagnes, les relations avec la presse, l’aide à la création de nouveaux partis). Un registre de ces équipes de travail doit être établi pour éviter les redondances. Une autre solution serait que chaque Parti Pirate consacre au moins un Pirate à la participation aux équipes de travail cruciales. Ce mode de fonctionnement assurerait la participation de tous les Partis Pirates d’Europe, mais certains Partis Pirates ne peuvent pas toujours se le permettre, par manque de moyens.

Nous estimons toutefois qu’un PPUE structuré offre de nombreux avantages (voir le billet n°2)  tout en permettant la création d’autres structures plus informelles. Des équipes de travail doivent être crées, en particulier pour la planification de la campagne électorale européenne — mais elles peuvent être crées au choix au sein du PPUE ou en parallèle, pour garder le meilleur des deux modèles.

Comme un PPUE structuré ne nous dispense pas de créer et de gérer des groupes de travail spécialisés, évoquons quelques questions fondamentales de structure et de forme.
Essayons de les expliciter et de donner des réponses possibles. Ce ne seront pas des réponses définitives et exhaustives, plutôt des points de vue présents dans nos discussions jusqu’à présent. Nous devrons essayer de répondre à la plupart d’entre elles à la conférence sur le PPUE à Prague, d’autres seront abordées pendant l’élaboration des statuts (et les votes qui suivront à l’assemblée fondatrice).

1. La première question est d’ordre géographique. Quels pays voulons-nous intégrer ?

Réponses possibles :

  • Uniquement les pays de l’UE
  • Les pays de l’UE comme membres à part entière, et les autres pays d’Europe comme observateurs, ou participants sans droit de vote
  • Les pays de l’UE, ceux liés à l’UE par des traités (comme les pays de l’EFTA, la Suisse, la Norvège, l’Islande) comme membres à part entière, de même que ceux candidats à l’entrée dans l’UE (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Turquie), et les Partis Pirates des autres pays d’Europe comme observateurs ou participants restreints.
  • Tous les partis Pirates d’Europe. Il faut alors s’accorder sur ce qu’est l’Europe, et en tenant compte des toutes dernières définitions même le Kazakhstan et l’Azerbaidjan ont des terres en Europe. Ceci inclurait les PP de Biélorussie, du Kazakhstan, de Russie et d’Ukraine
2. La seconde question concerne l’organisation. Quel système d’adhésion voulons-nous ?

  • Option A : Certains ont proposé une organisation similaire à celle du PPI : autant de voix que de pays (avec éventuellement des statuts restreints ou d’observateurs pour les sections locales et les organisations comme les Young Pirates, le PPI ou Pirates sans Frontières)
  • Le Parti Vert Européen fonctionne de cette manière pour les partis d’Europe extérieurs à l’UE, leurs droits vont au delà de ceux de simples observateurs, mais ils ne sont pas membres à part entière. Les implications exactes d’une telle décision seront à débattre en préparation de la conférence fondatrice
  • Option B : Une autre idée serait une organisation par la base, où soit chaque pirate serait automatiquement membre à travers son parti national, soit chaque pirate pourrait être membre à titre individuel. Dans cette alternative chaque pirate aurait un vote personnel.
Les deux systèmes posent des problèmes :
  • L’option A nous entraîne loin de la démocratie directe, un idéal cher aux Pirates. Seul les partis Pirates (et pas les Pirates) seraient membres de cette organisation. Le problème potentiel serait que les Pirates ne sont pas égaux quand ils sont représentés par leurs Partis : un vote du Parti Pirate luxembourgeois représente en théorie moins de Pirates qu’un vote du Parti Pirate Suédois, et donc un Pirate Luxembourgeois serait mieux représenté qu’un Pirate Allemand ou Français.
  • En plus d’être peu pratique, l’option B présente le danger de voir les Partis Pirates comptant le plus d’adhérents imposer leurs points de vue au PPUE et leur vision de la démocratie aux Pirates des autres pays. L’organisation résultante ne serait pas très orientée vers le pluralisme.
  • Option C : Pour garder le meilleur des deux solutions, un mélange a été suggéré
  • C1 : un système bicaméral, une chambre étant composée de Pirates et l’autre de tous les Partis Pirates (ou fédération dans le cas de l’Espagne). Les décisions seraient prises à la majorité des deux chambres. Ce système semble pluraliste et démocratique.
  • C2 : une organisation où les décisions concernant la structure interne seraient prises par une chambre de réprésentants des Partis Pirates et les décisions politiques directement par les Pirates eux-mêmes sur la base d’un vote par personne. Cette solution permettrait de se donner du temps pour décider, l’organistion devant être établie avant de définir un agenda politique.
  • Aucune de ces deux solutions ne résout le problème de la practicabilité. L’étendue du continent européen fait qu’une Assemblée Générale (AG) à Barcelone attirerait beaucoup de Pirates Catalans, mais peu de Suédois et de Grecs. Des AG décentralisées et le vote électronique ont été proposés pour résoudre ces problèmes, mais le premier n’a jamais été testé et plusieurs Partis Pirates refusent le second. Les deux impliquent aussi de prendre en compte différentes langues pour ne pas exclure les pirates non-anglophones.
  • Option D : Une autre possibilité serait d’utiliser un système proportionnel, avec des représentations nationales dotées de poids pondérés en fonction des populations des pays (de la même manière qu’au Parlement Européen).  Alternativement, la pondération pourrait s’effectuer en fonction des poids électoraux des     Partis Pirates dans leur propre pays. Plus un Parti Pirate a du succès dans son pays, plus il en a au PPUE.
  • Cependant tous les Pirates n’ont pas pris part aux dernières élections dans leur pays et certains pays n’ont même pas leur propre parti pirate, ce qui rend ce système non viable pour le moment. Il faut toutefois noter que les Verts Européens, le PSE (Parti Socialiste Européen) et l’ELDR (Européens Libéraux, Démocrates et Réformateurs) utilisent ce système conjoint à un nombre de votes minimum pour chaque parti.
  • Pour l’instant, il semble aux auteurs de ce billet (signataires ci-dessous), que seule l’option A soit viable. Vu que beaucoup de Pirates ont exprimé leur volonté de coordonner la campagne pour les élections parlementaires européennes de 2014 et jugent que c’est urgent, les auteurs de ce billet considèrent que l’option A est celle à suivre.
  • D’une manière similaire à celle des Verts Européens [1], les pirates individuels qui sont importants pour le PPUE, comme les députés, le directoire ou d’autres individus jugés importants, voire même tout pirate européen, pourraient devenir des membres honoraires individuels, cependant sans droit de vote.
  • Il pourrait être écrit dans les statuts que nous aspirons à changer pour quelque chose de plus proche de l’option C ou D à long-terme. Cependant, une idée alternative a été d’utiliser Pirates sans Frontières comme le lieu où les pirates individuels tournés vers l’international pourraient travailler ensemble, et que le PPUE devrait plus se concentrer sur les campagnes électorales, avec une structure organisée selon le modèle A.
  • Comme vu au-dessus, il est aussi difficile de savoir qui inclure comme membre observateur. Les Partis Régionaux comme la Catalogne, les subdivisions régionales des «Bundesländer» allemands, les organisations internationales comme le PPI ou Pirates sans Frontières, les Jeunes Pirates nationaux et leur possible fédération, ainsi que les pays des régions frontalières comme ceux d’Afrique du Nord sont tous des membres observateurs potentiels.
Comme vous pouvez le constater il reste beaucoup de points à débattre, peut-être même avez vous pensé à une autre solution. Même si vous ne pouvez pas nous rejoindre à Prague, vous pouvez toujours prendre part aux discussions en ligne ou nous les transmettre pour qu’elles soient elles aussi discutées. Plus il y aura de participants au débat, meilleur sera le résultat. Alors rejoignez-nous, rejoignez la marée Pirate !

 Justus Römeth (@DarthSquig)
Martina P. (@LunaLoof)
Benjamin Siggel (@crackpille)
Jerry Weyer (@jerryweyer)
Jens Seipenbusch (@seipenbusch)
Steffen Ortmann (@ortsman)

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